Ouvrir un salon de tatouage, les conseils de Legalvision

Ouvrir un salon de tatouage

Vous souhaitez ouvrir un salon de tatouage? Sachez que c’est le moment opportun. Le tatouage est une mode qui touche toutes les tranches d’âges de la population.  La métropole française compte plus de 4000 salons de tatouage actuellement. Cet article de LegalVision vous aidera à ouvrir votre propre salon. Vous trouverez ci-dessous un résumé des points essentiels à retenir :

I/ Compétences et investissements requises 

II/ Les étapes pour ouvrir un salon de tatouage viable

III/ Réglementation et statut juridique du salon de tatouage

 

I/Compétences et investissements requises

A/ Compétences requises

Nous aborderons dans cette partie les compétences pour pouvoir ouvrir un salon de tatouage, ainsi que les formations obligatoires.

1/ Une formation obligatoire en hygiène et sécurité

Pour ouvrir votre propre salon de tatouage, aucun diplôme n’est requis. Cependant, une formation en hygiène et sécurité est obligatoire. Une formation en hygiène est primordiale pour éviter les contaminations par des maladies comme le sida ou les hépatites. C’est une étape impérative pour pouvoir ouvrir son propre salon de tatouage. La formation doit être dispensée par un organisme conventionné et doit avoir une durée minimum de 21 heures durant 3 jours. Parmi les organismes de formation en hygiène et sécurité admis figure par exemple l’Agence Régionale de la Santé (ARS). L’objectif de la formation est de vous donner les bases nécessaires pour respecter les règles d’hygiène, de propreté et de santés publiques.

Cette formation est payante et son coût est variable d’un organisme à l’autre. À l’issu de la formation, une attestation vous sera délivrée.

2/ Les qualités personnelles pour ouvrir un salon de tatouage

Pour démarrer son activité en tant que tatoueur professionnel, il est nécessaire d’avoir les qualités personnelles suivantes :

  • Des qualités artistiques et techniques en dessin ;
  • Un sens relationnel aiguisé et une bonne écoute pour satisfaire les demandes des clients ;
  • Un professionnalisme et une rigueur ;
  • De la patience et de la minutie dans le travail ;
  • Des notions de gestion et de comptabilité ;
  • Des connaissances en droit et réglementations sanitaires.

B/ Les investissements obligatoires

Pour exercer la profession de  tatoueur, vous aurez le choix entre devenir salarié d’un salon de tatouage ou ouvrir votre propre salon.

1/ Les locaux pour le salon de tatouage

La réglementation en vigueur impose de recevoir les clients dans une pièce exclusivement dédiée aux actes de tatouages, en d’autres termes, sans aucune autre activité. Aussi, il est impossible d’exercer cette activité à domicile. L’espace aménagé doit comprendre au moins :

  • Une salle technique dédiée aux actes de tatouage ;
  • Une zone de lavage des mains avec un robinet ;
  • Un local réservé au nettoyage et à la stérilisation des matériels.

2/ Les matériels utilisés dans un salon de tatouage

Pour ouvrir un salon, il faudra notamment investir dans des machines à tatouer. Vous aurez entre autres besoin d’un dermographe, d’encre de tatouage, des gants et  des aiguilles à usage unique.

 

II/ Les étapes pour ouvrir un salon de tatouage viable

Les quatre points suivants nous semblent indispensables pour ouvrir un salon de tatouage.

A/ Élaborer le concept du salon de tatouage

La priorité étant de laisser libre court à votre imagination, proposer à vos clients un concept original, nouveau et puissant afin de vous démarquer de la concurrence. Il est important de peaufiner l’idée qui fera sortir votre salon du lot. Les questions de tarif, de style de tatouage inimitable ou la relation client privilégiée constituent des éléments de différenciation.

B/ Faire une étude de marché

L’étude de marché du tatouage portera sur l’analyse en détail du secteur. Vous serez en connaissance de votre concurrence, de vos possibles fournisseurs et des futurs partenaires. L’objectif étant de déterminer avec précision votre clientèle et identifier ses attentes, l’étude du marché va vous permettre de :

  • Accentuer votre présence sur internet ;
  • Proposer des modèles de tatouage divers ;
  • Se spécialiser dans un type de tatouage précis ;
  • Assurer un suivi précis du salon ;
  • Établir un profil précis de la clientèle cible par rapport à la catégorie socioprofessionnelle, leurs motivations ou le type de tatouages les plus demandés.

C/ Choisir le meilleur emplacement pour votre salon de tatouage

Après l’étude du marché, il faut partir à la recherche de la meilleure localisation pour votre salon de tatouage. L’emplacement importe tout autant que la qualité des prestations fournies. Les critères à prendre en compte pour parvenir à vos objectifs sont :

  • Le dynamisme du marché local ;
  • L’existence d’un axe ou des moyens transports à proximité ;
  • Une zone de chalandise suffisante ;
  • La facilité de stationnement comme un parking ;
  • La présence des commerces, cinéma ou théâtre…

D/ Rédaction d’un business plan

La rédaction d’un business plan est incontournable pour demander un prêt et pour s’assurer du potentiel du projet. Ce business plan s’accompagne de tableaux financiers :

  • Le compte de résultat prévisionnel ;
  • Le plan de financement ;
  • Le budget de la trésorerie et du fonctionnement annuel du salon.

 

III/ Réglementation et statut juridique du salon de tatouage

A/ La réglementation de l’activité de tatoueur

Le tatouage comportant des risques sanitaires réels de transmission infectieuse bactérienne, c’est une activité soumise à des règles très strictes.

En premier, vous devez déclarer votre activité auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

Ensuite, vous devez également déclarer votre activité auprès du Centre de Formalité des Entreprises (CFE) de l’URSSAF. Quant à la création des sociétés ou des entreprises individuelles, vous devez déclarer votre activité auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie. À la fin desdites démarches, vous obtiendrez un numéro d’identification ou SIREN.

Pour finaliser la création du salon, publiez votre annonce légale facilement en ligne en payant en moyenne 85 euros.

Pour la fabrication et la composition des produits utilisés dans le salon, les tatouages ne pourront être faits qu’avec des produits conformes à la réglementation. Cette obligation est combinée avec celle relative aux respects des règles d’hygiène et de salubrité.

Enfin, un tatoueur a une obligation d’information du public. Cela se fait généralement par des affichages dans le local. Par ailleurs, il doit faire connaître à ses clients les risques auxquels ils s’exposent.

 B/ Le statut juridique du salon de tatouage

Le choix de la forme du salon aura une incidence sur le statut social du dirigeant, le régime fiscal et social, les règles juridiques qui vont s’appliquer, ainsi que la protection du patrimoine personnel.

  1. Le statut de micro entreprise

La micro entreprise est une entreprise individuelle immatriculée au Répertoire des métiers ou au Registre du commerce et des sociétés. Son statut simplifié est bien adapté pour un démarrage. Il a l’avantage d’avoir des charges sociales peu élevées, mais avec un plafond de chiffre d’affaires relativement bas, et donc rapidement dépassé. De plus, les cotisations sociales sont calculées sur la base du chiffre d’affaires et non sur le bénéfice.

  1. Le statut d’entreprise individuelle

L’EI présente un inconvénient majeur lié au mode de paiement des cotisations sociales. En effet, ces dernières sont prélevées directement par acomptes. Seulement, les formalités de création restent allégées, car aucun statut ni assemblée générale n’est imposé.

  1. L’EURL et la SARL

La création d’une EURL permet de mieux protéger qu’en EI son patrimoine personnel contre les actions des créanciers.

Pour l’exploitation du salon sous la forme de société avec deux ou plusieurs associés, vous pourriez choisir de créer une SARL. Son principal avantage est de vous protéger en cas de faillite. En effet, seul le montant du capital de la SARL peut être réclamé.

  1. La SASU ou la SAS

Créer une SASU va permettre à l’unique dirigeant d’être assimilé salarié. Il bénéficie donc de la même protection et des privilèges du salarié. Cette forme de société est réputée plus flexible que la SARL, car son organisation est entièrement définie par les statuts.

Si vous créez une SAS, les associés ne sont responsables qu’à hauteur de leurs apports.

Louise Paquet

Titulaire d'un Master I, louise est passionnée par la sociologie juridique. Elle s’intéresse particulièrement à l'évolution du legaltech. Atia rédige sous la direction de Loïc Le Goas, Avocat et Président de Legalvision.

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