Seuil de rentabilité : tout savoir pour le calculer

Pour assurer la sérénité de votre entreprise, il est primordial que vous connaissiez le seuil de rentabilité. Un entrepreneur qui ne connaît pas son seuil de rentabilité, c’est comme un aventurier qui se lance dans une exploration sans matériel pour s’orienter. Après avoir compris de quoi il retourne exactement, vous devez également être en mesure de le calculer.

Cela vous permettra d’optimiser vos activités afin de les rentabiliser encore davantage. Apprenez dès maintenant tout ce qui concerne le seuil de rentabilité afin de pouvoir le calculer et assurer la sécurité et la stabilité de votre entreprise. Peu importe la forme juridique de votre entreprise, connaître votre seuil de rentabilité influera sur votre décision de créer une société.

Sommaire :

I/ Rappel sur le seuil de rentabilité
II/ Définir les charges pour pouvoir calculer le seuil de rentabilité
III/ Connaître la marge sur coût variable pour calculer le seuil de rentabilité
IV/ Le compte de résultat différentiel : un autre facteur important dans le calcul du seuil de rentabilité
V/ Comment calculer le seuil de rentabilité ?
VI/ L’importance du seuil de rentabilité

I/ Rappel sur le seuil de rentabilité

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voyons d’abord ce qu’est le seuil de rentabilité. Ainsi, lorsqu’une entreprise exerce assez d’activités pour devenir rentable, c’est-à-dire lorsque les gains rapportés par ces activités permettent de couvrir les différentes charges, on dit qu’elle a atteint son seuil de rentabilité.

Autrement dit, une société fait des bénéfices dès lors qu’elle a atteint et dépassé le seuil de rentabilité. Pour faire encore plus simple, le seuil est atteint lorsque le chiffre d’affaires est égal à la somme de toutes les charges de l’entreprise. Ainsi, grâce au seuil de rentabilité, vous pouvez savoir à partir de quel chiffre d’affaires vous gagnez de l’argent.

II/ Définir les charges pour pouvoir calculer le seuil de rentabilité

Toute société a des charges : les charges fixes, les charges variables et les charges mixtes. Il est important de bien les connaître si vous souhaitez calculer votre seuil de rentabilité. Par ailleurs, pour éviter les mauvaises manœuvres, maîtriser les dépenses et afin de mieux gérer votre société, vous devez également connaître toutes vos charges.

> Pour en savoir plus sur les charges SASU

De fait, l’erreur serait d’arriver à un stade avancé sans avoir pris conscience de leur importance. De ce fait, il est très important que vous vous penchiez sérieusement sur la question dès la création de votre entreprise. En un mot, les charges désignent toutes les dépenses auxquelles vous devez faire face pour faire fonctionner correctement les rouages de votre société.

A) Les charges variables

Ces charges sont autrement appelées « charges d’activité » ou « charges opérationnelles ». Leur volume dépendra de l’envergure de votre entreprise et de l’importance de vos activités. Elles ont également tendance à évoluer avec le temps. En effet, il se peut qu’elles varient d’un mois à un autre. Sans connaître vos charges variables, vous ne pourrez pas définir les marges sur coût variable qui sont également d’une grande importance pour calculer le seuil de rentabilité.

Le coût de l’énergie et des matières premières, les frais de sous-traitance, les commissions, etc., et tout ce qui peut changer au cours de la durée de vie de votre entreprise sont les charges variables.

B) Les charges fixes

Autrement appelées « charge de structure », les charges fixes sont les dépenses qui restent stables malgré les évolutions de la société. En effet, même si elle exerce un volume important d’activités, une société ne verra pas ses charges fixes augmenter. À titre d’exemple, citons les abonnements, l’assurance, le loyer, etc. Afin de déterminer le seuil de rentabilité de votre société, vous devez ainsi identifier toutes vos charges fixes.

C) Les charges mixtes

Certaines charges peuvent être à la fois fixes et variables. C’est-à-dire que pendant une certaine période, elles restent stables et ne changent pas. Mais lorsque l’entreprise dépasse un certain seuil de croissance, elles augmentent. Prenons par exemple le cas du loyer des locaux. Si une société doit déménager parce que ses locaux ne lui permettent plus d’exercer convenablement ses activités, elle devra automatiquement prévoir un loyer plus important. Le loyer peut donc être considéré comme une charge mixte.

Il faudra prêter une attention particulière sur ces charges pour éviter de vous faire surprendre. Il arrive en effet qu’une charge que vous avez définie comme étant fixe ne le soit plus avec le temps. Prenez donc le temps de définir vos charges mixtes. Elles vous aideront à mieux évaluer votre seuil de rentabilité.

III/ Connaître la marge sur coût variable pour calculer le seuil de rentabilité

Pour rappel, le chiffre d’affaires est la somme que génèrent les activités de l’entreprise et qui couvre les charges inévitables pour la faire fonctionner. Lorsque les charges variables sont couvertes par le chiffre d’affaires, l’excédent sur ces charges est la marge sur coût variable (MCV). Il faut également savoir que cette marge devra couvrir les charges fixes. Il s’agit donc d’un élément fondamental dans la détermination de la rentabilité d’une entreprise. C’est un véritable indicateur de performance. Connaître la marge sur coût variable revient à s’assurer que la société génère assez de chiffre d’affaires pour faire face à toutes les charges qu’elle doit couvrir.

Pour déterminer cette marge, il suffit de soustraire les charges variables au chiffre d’affaires. Lorsque vous aurez obtenu la MCV, vous pourrez calculer le taux de marge sur coût variable. Pour ce faire, divisez la MCV par le chiffre d’affaires. Ce taux peut également servir à connaître le seuil de rentabilité.

IV/ Le compte de résultat différentiel : un autre facteur important dans le calcul du seuil de rentabilité

Le compte de résultat différentiel est un état financier qui vous permet de mettre en avant les charges variables. Ce compte fera également apparaître les MCV (marges sur coût variable) et indiquera si ces marges parviennent à couvrir les charges fixes. En outre, il mesure également la part de richesse que l’entreprise a créée.

Il s’agit donc d’un outil qui facilite la gestion du chiffre d’affaires. Grâce à sa faculté de mettre en évidence les MCV, le compte de résultat différentiel permet de trouver le seuil de rentabilité.

V/ Comment calculer le seuil de rentabilité ?

Vous avez bien énuméré toutes vos charges. Vous connaissez également les marges sur coût variable. Ensuite, vous avez pris soin de vérifier ces points à l’aide du compte de résultat différentiel. Vous êtes enfin en mesure de calculer le seuil de rentabilité de votre entreprise. Il doit correspondre au chiffre d’affaires que vous réalisez. Comme expliqué précédemment, c’est après avoir franchi ce seuil qu’une entreprise devient rentable. Cela signifie donc que les activités génèrent une richesse et que la société fait des bénéfices. D’autre part, sachez que ce seuil peut être représenté en monnaie, en quantité et en durée.

A) Le seuil de rentabilité en monnaie

Pour le déterminer, il faudra faire la somme des charges et soustraire cette somme au chiffre d’affaires. Lorsque le résultat est nul, vous avez atteint le seuil de rentabilité. Si l’on devait reformuler mathématiquement cela donne :

  • Sommes des charges-chiffre d’affaires = 0

Lorsque cette équation est vérifiée, le seuil est atteint.

Cependant, il existe une autre manière de calculer le seuil. Dans cette méthode, vous vous servez du taux de marge sur coût réel, d’où l’importance de connaître les MCV. Pour trouver donc le seuil de rentabilité, divisez les charges fixes par le taux de marge sur coût variable. Autrement dit :

  • Seuil de rentabilité = charges fixes/taux de marge sur coût variable

B) Le seuil de rentabilité en quantité

Le seuil de rentabilité peut effectivement être représenté par la quantité de produits vendus. Lorsque la société produit ou vend assez d’articles pour couvrir les charges, cela signifie que le seuil est atteint. Par exemple, si la somme des charges est égale à 1000 € et que la société vend un produit à 10 €, elle atteindra son seuil de rentabilité lorsqu’elle aura réussi à vendre 100 produits.

Pour calculer un seuil de rentabilité en quantité, il faudra connaître sa valeur en monnaie. Voici une formule simple qui permet d’obtenir la valeur du seuil de rentabilité en quantité :

  • Quantité = Seuil de rentabilité en monnaie/Prix de vente unitaire

Vous pouvez aussi le déduire à partir de la marge sur coût variable. Vous devez avant tout connaître la MCV unitaire de chaque produit.

  • MCV unitaire = Prix de vente unitaire – Charge variable unitaire

Après cette opération vous pourrez calculer le seuil de rentabilité en quantité en vous servant de cette formule :

  • Seuil de rentabilité en quantité = Charge fixe/Marge sur coût variable unitaire

C) Le seuil de rentabilité en durée

Avant de pouvoir déterminer le seuil de rentabilité en durée, il faudra d’abord définir le chiffre d’affaires annuel et calculer le seuil en monnaie. Ainsi vous pourrez employer la formule suivante pour déterminer le seuil de rentabilité en jours :

  • Seuil en jours = (Seuil de rentabilité en monnaie x 360)/Chiffre d’affaires annuel

Ce seuil est autrement appelé « point mort ».

VI/ L’importance du seuil de rentabilité

Tout l’intérêt du seuil réside dans le fait qu’il peut pousser l’entreprise à faire des choix décisifs. En effet, du fait qu’il permet de savoir si un produit est assez rentable ou pas, le seuil de rentabilité peut donc inciter à lancer de nouveaux produits. Il permet également de savoir quel produit il faut retirer du marché ou encore d’augmenter la production.

 

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