Tout savoir sur la responsabilité des associés d’une SAS

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La responsabilité des associés d’une SAS est une notion large qui peut être appréhendée de différentes manières.

Tout d’abord il y a plusieurs types de sociétés, les sociétés à responsabilité illimitée et les sociétés à responsabilité limitée. Les premières sont les SNC, ou les sociétés civiles. Les secondes sont notamment les SA, SARL et SAS. La SAS est une Société par Actions Simplifiée.

Nous allons voir qu‘en principe, la responsabilité des associés d’une SAS  n’est qu’à concurrence du montant de leurs apports. Par exception les créanciers pourront saisir des biens du patrimoine personnel des associés. Cela dans trois situations :

  • En cas de surévaluation des apports,
  • De cautions des associés,
  • Dans les cas ou les associés se comportent comme dirigeant de fait.

I) Le principe : Une responsabilité limitée aux montant des apports.

Lorsque vous créez votre SAS vous allez apporter des biens en nature (meubles ou immeubles) ou des biens en numéraire (argent). Ces biens vont concourir à la constitution du capital social. Le montant de ces apports sera le gage des créanciers en cas de dettes de la société. C’est-à-dire que les créanciers auront des droits sur l’intégralité du montant du capital social. Avoir une responsabilité limitée au montant des apports signifie simplement que le gage des créanciers résidera seulement sur les apports que vous aurez effectués à la société. Aussi si les créanciers ne sont pas désintéressés une fois avoir saisi l’intégralité des biens de la société, ceux ci ne pourront pas se retourner contre vous. Ils ne pourront pas saisir les biens de votre patrimoine. .

Exemple : vous faites un apport de 1000€ dans une société A, votre patrimoine personnel est de 100 000 euros. Si vous avez des dettes envers vos créanciers, ceux ci ne pourront saisir qu’uniquement les 1000 euros. Tandis que dans une société à responsabilité illimité ou une entreprise individuelle, ils pourront saisir tout ou presque tout votre patrimoine.

II) Les exceptions : En cas de surévaluation des apports et d’associés cautions.

La responsabilité des associés d’une SAS peut aller quelquefois au delà des apports. Les créanciers pourront alors saisir des biens présents dans votre patrimoine personnel bien que vous soyez en SAS. En effet la protection peut sauter dans plusieurs cas. En cas de surévaluation des apports en nature ou dans les cas ou les associés sont cautions de la société. Les associés pourront aussi être responsable envers les tiers.

A) La Responsabilité des associés d’une SAS en cas de surévaluation des apports.

Lorsque vous apportez un bien en nature, vous pouvez décider de le faire évaluer par un commissaire aux apports, ou par vous même. Si l’évaluation se fait par le commissaire aux apports il n’y a aucun problème, mais il faudra payer le tarif indiqué par le commissaire aux apports. Si vous décidez d’évaluer les apports vous même, vous le pouvez. En revanche vous serez responsable de l’évaluation pendant une durée de 5 ans après l’apport. En cas de surévaluation de l’apport vous pourrez être appelé en paiement sur votre patrimoine personnel à raison de la différence entre la valeur de l’apport réel et la surévaluation.

Selon la loi la surévaluation des apports est un délit. Ce délit est puni d’une amende de 375 000 euros d’amende et de 5 ans d’emprisonnement.

B) La Responsabilité des associés d’une SAS lorsque l’associé est caution.

Quand la responsabilité des associés d’une SAS est limitée au montant des apports, en général les banques pourront demander une caution des associés. En effet, les banques ne prendront pas le risque en cas de dettes de l’entreprise de ne pouvoir récupérer que le montant des apports des associés. C’est-à-dire que dans les cas où la société dont vous êtes actionnaire ne paie pas ses dettes vous pourrez être appelé en paiement par la banque à titre personnel dans la limite d’un certain montant prévu dans le contrat de cautionnement. Le montant de la caution peut être très élevé.

C) La responsabilité des associés d’une SAS envers les tiers.

La faute détachable des fonctions était en principe réservée au dirigeant, celui-ci pouvait engager sa responsabilité envers les tiers pour cette raison. Mais la jurisprudence a décidé que les associés pouvaient aussi être responsables envers les tiers en cas de fautes détachables de leurs fonctions. Il faudra aussi prouver un préjudice et un lien de causalité entre la faute et le préjudice.

III) L’exception : l’associé considéré comme dirigeant de fait.

Le dirigeant de fait est : « celui qui en toute indépendance et liberté exerce une activité positive de gestion et de direction et se comporte, sans partage, comme « maître de l’affaire. » Il va exercer une « activité positive de gestion et de direction de l’entreprise sous le couvert et au lieu et place du représentant légal. » Pour résumer, un dirigeant de fait est un associé qui n’a jamais été désigné dirigeant mais qui va se comporter comme le dirigeant de la société.

A) Les conditions pour être dirigeant de fait.

  • Exercer une activité de gestion ou de direction,
  • L’acte de gestion ou de direction doit être positif,
  • Exercer cette activité en toute indépendance et liberté,
  • Exercer cette activité de manière répétée.

Voici quelques exemples d’activités de gestions : signature des contrats, signature des déclarations fiscales et sociales, signature des comptes annuels, existence d’une délégation de pouvoirs donné par le dirigeant de droit.

Lorsque l’on dit que l’acte de gestion doit être positif, cela signifie qu’il ne réside pas en une simple abstention du dirigeant.

Lorsque l’on parle de toute indépendance et liberté, cela signifie que le dirigeant ne doit pas avoir réalisé une activité de gestion sous couvert d’un contrat de travail ou d’un mandat.

Toutes ces conditions sont cumulatives. Une fois réunies, le dirigeant de fait pourra se voir appliquer des sanctions qui pourront atteindre son patrimoine personnel. C’est ce que nous allons voir tout de suite.

B) Les effets de la direction de fait.

Le dirigeant de fait est tenu de toutes les obligations du dirigeant de droit. A contrario, il ne bénéficiera d’aucun droit attribué au dirigeant de droit. Différents types de responsabilités pourront être engagés envers le dirigeant de fait. Une responsabilité civile, pénale, fiscale et une responsabilité en cas d’insuffisance d’actif suite à la liquidation judiciaire.

En cas de liquidation judiciaire, si le dirigeant de fait a commis des fautes de gestions détachables des fonctions du dirigeant de droit alors le juge pourra mettre à sa charge tout ou partie des dettes sociales de la société. Le dirigeant de fait devra payer ces dettes avec ses deniers personnels. C’est ce qu’on appelle l’action en responsabilité pour insuffisance d’actif.

Selon la loi, au niveau fiscal, si un dirigeant de société de fait ou de droit est considéré comme responsable de manœuvres frauduleuses ou de l’inobservation grave et répétée des obligations fiscales qui ont rendu impossible le recouvrement des impositions et des pénalités dues par la personne morale, celui-ci peut être déclaré solidairement responsable du paiement de ces dettes à l’égard du Trésor public. Le dirigeant de fait devra donc payer sur ses deniers personnels.

En ce qui concerne la responsabilité civile du dirigeant de fait, il l’engagera s’il commet une faute détachable des fonctions de dirigeants. Le dirigeant devra alors commettre une faute intentionnelle d’une particulière gravité. Ce sera par exemple ne pas déposer ou ne pas établir des comptes sociaux.

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