Précautions à suivre dans la valorisation d’une entreprise

L’évaluation d’entreprise ne constitue pas une science exacte, le jugement jouant un rôle prépondérant. Ainsi, le prix de l’entreprise varie  sensiblement en fonction de l’appréciation des uns et des autres. Dans cet article, Biznessful vous explique donc tout sur la valorisation d’une entreprise.

Voici quelques précautions susceptibles de limiter la marge d’incertitude dans la valorisation d’une entreprise.

La valorisation d’une entreprise suppose au préalable une bonne connaissance de l’entreprise, de son environnement, du contexte de l’opération, des risques et évènements susceptibles d’affecter son activité. Une prise de connaissance approfondie et la réalisation d’un diagnostic interne et externe synthétisé sous la forme d’une matrice forces-faiblesses, opportunités-menaces, est recommandé.

Pour rappel, il existe quatre grandes familles de méthodes d’évaluation :

–  les méthodes analogiques ou approche externe (multiple observé sur des transactions comparables et appliqué à un agrégat comme par exemple l’EBITDA),

–  des méthodes intrinsèques ou approche interne (DCF, capitalisation de flux normatif de trésorerie),

– les méthodes patrimoniales (actif net corrigé et réévalué avec rente de goodwill),

– les méthodes propres à certaines professions.

Les deux premières familles de méthodes sont les plus couramment utilisées.

Il est recommandé de corroborer le calcul issu de l’une de ces familles de méthodes par le calcul issu de l’autre famille. Il faut s’assurer que la divergence n’excède pas 20 %.

La méthode de valorisation doit être choisie en fonction du contexte. La méthode des DCF pour une start-up disposant d’une bonne visibilité sur son business, capitalisation des flux pour une entreprise « en régime de croisière » ayant un résultat stable d’un exercice à l’autre, méthode patrimoniale pour un holding…

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Méthode des DCF

Lors de l’utilisation de la méthode des DCF qui repose sur les flux de trésorerie à venir, les éventuelles incohérences du business plan par rapport aux données du passé, à la stratégie suivie, à la capacité de production, aux parts de marché induites… doivent être recherchées et corrigées.

Un taux d’actualisation (coût moyen du capital) est utilisé. Il a une forte incidence (grande sensibilité) sur la valeur d’entreprise. Un soin particulier doit donc être apporté à son calcul. AInsi, ce taux résulte de la somme pondérée du taux de rémunération des actionnaires et du taux de rémunération des créanciers financiers. Le coefficient de pondération est alors calculé sur la base des capitaux propres réels et de l’endettement net.

Le taux de rémunération des actionnaires correspond à la somme du taux sans risque, de la prime de risque marché multiplié par un coefficient beta de risque sectoriel, d’éventuelles primes de risque spécifique et prime d’illiquidité. Il convient de choisir le bon coefficient beta correspondant au secteur d’activité. Il faut le désendetter en fonction du ratio du secteur d’activité et de le réendetter en fonction du ratio d’endettement de la société calculé sur la base des capitaux propres réels et pas des capitaux propres comptables. La prime de risque spécifique et la prime d’illiquidité résultent du jugement de l’évaluateur. Le calcul peut être « objectivé » par la rédaction de commentaires expliquant et justifiant les différents choix effectués.

Selon les méthodes appliquées (directes ou indirectes) le résultat obtenu concerne la valeur d’entreprise (si la base de calcul porte sur la rémunération des actionnaires et des financiers : multiple d’EBITDA, DCF) ou la valeur des capitaux propres (si la base de calcul porte sur la rémunération des seuls actionnaires : multiple du résultat net). Il convient donc d’éviter toute confusion.

La méthode des DCF

Elle additionne l’actualisation des cash flows futurs sur l’horizon explicite et la capitalisation du cash flow normatif (valeur teminale) pour la période ultérieure. La valeur terminale est déterminée à l’aide d’une formule. Cette formule utilise le taux d’actualisation précité et le taux de croissance à l’infini. Ce dernier doit concorder avec la croissance du secteur d’activité à long terme. De plus, le cash-flow normatif correspond en principe au dernier cash flow prévisionnel corrigé des données non récurrentes. Ainsi, la valeur terminale ne doit pas excéder 80 % de la valeur de l’entreprise. 

La valeur des capitaux propres est obtenue en retranchant à la valeur d’entreprise le montant de la dette nette. En effet, celle-ci inclut la trésorerie déterminée à partir du BFR normatif et non pas du BFR à une date donnée qui n’est pas représentatif du BFR moyen. Les indemnités de fin de carrière sont à inclure dans la dette nette. De même que les provisions pour risques décaissables, les engagements de crédit-bail, les comptes courants intra groupe, les actifs hors exploitation, les impôts différés, les intérêts minoritaires. 

 

Valorisation d’une entreprise : Méthode analogique

Dans cette méthode, la valeur de l’entreprise repose souvent sur un multiple d’EBITDA. D’autres multiples peuvent être utilisés : chiffre d’affaires, EBIT, capitaux employés. En effet, la valeur d’entreprise correspond à la somme de la valeur des capitaux propres et des dettes financières nettes. En effet, lors de l’utilisation d’une méthode analogique, il convient de choisir un échantillon de transactions portant sur des entreprises comparables en termes d’activité, de taille, de performances et de business model. Toute la difficulté réside dans la constitution de cet échantillon. L’élaboration d’un tablau comparatif peut aider à constituer un échantillon homogène. Seront privilégiées les transactions ayant porté sur une part significative du capital et payées en numéraire plutôt qu’en titres. Le prix de la transaction ne devra pas avoir été impacté par une clause particulière (earn out par exemple). Les données financières relatives aux sociétés de l’échantillon devront avoir une ancienneté inférieure à 12 mois.

La valorisation d’une entreprise nécessite un certain niveau d’expertise et surtout de l’expérience, condition essentielle pour exercer correctement son jugement. En effet, elle suppose l’intervention d’un spécialiste. Il est donc indispensable que ce dernier détaille, justifie et « challenge » ses choix pour permettre une bonne interprétation des résultats.

Stéphane LEPINE

 

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