Le Business Plan : explications détaillées

Indispensable pour lever des fonds auprès de Business Angels ou d’autres investisseurs, pour convaincre votre banquier de la crédibilité et de la viabilité de votre projet, ou pour persuader des tiers de devenir vos associés, le Business Plan constitue LE document de référence qui explique en détail votre projet de création d’entreprise.

Mais ce n’est pas tout, ce document qui contient des informations importantes. — notamment la stratégie commerciale que vous comptez adopter et les objectifs financiers que vous prévoyez d’atteindre — vous sera également d’une grande utilité dans les premières années de votre activité dans la mesure où il vous servira d’outil de pilotage.

Vous l’aurez compris, il est primordial d’avoir un Business Plan convaincant. De plus, vous vous demandez comment rédiger un bon Business Plan et quels éléments y intégrer ? Nous vous disons tout sur le sujet.

À quoi sert le Business Plan ?

De nombreux créateurs d’entreprise ne voient pas l’utilité de faire un Business Plan. Ils considèrent la rédaction de ce document comme une perte de temps. Certes, la rédaction du Business Plan prend effectivement du temps, mais vous ne pouvez absolument pas vous en passer. En effet, le Business Plan constitue un élément essentiel de votre dossier de création d’entreprise.

Premièrement, il s’agit d’un outil de travail. En tant que tel, le Business Plan sert de fil conducteur pour votre projet. En effet, ce support vous permet de structurer vos idées, de relever les incohérences, d’évaluer la fiabilité de votre projet et de mettre en évidence les risques qui y sont liés. Le Business Plan vous permet également de préciser votre stratégie commerciale. De pluus, il permettra d’assurer le suivi des différentes étapes de développement de votre entreprise et au besoin, d’y apporter des points d’amélioration.

Deuxièmement, le Business Plan est un outil de communication destiné à vos partenaires financiers. C’est en fonction de ce précieux document que votre banquier ou les investisseurs décideront ou non de vous accorder le financement sollicité. Ces derniers se pencheront sur plusieurs points, entre autres les prévisions financières, le calcul de la capacité d’autofinancement ou encore le calcul de la capacité de remboursement.

Troisièmement, le Business Plan est un outil de promotion qui vous permet d’obtenir la confiance de vos futurs partenaires. Les fournisseurs qui exigeront des garanties solides avant de vous accorder des tarifs préférentiels ou un délai de paiement plus long.

Comment rédiger un bon Business Plan ?

Il n’existe pas de modèle de Business Plan universel. En effet, celui-ci varie plus ou moins en fonction des projets. Mais dans tous les cas, le Business Plan est bien documenté et bien structuré. La construction du Business Plan se décompose en plusieurs parties et s’articule autour des points suivants :

  • l’Executive Summary
  • la présentation de votre entreprise
  • la présentation de votre produit ou service
  • l’étude de marché
  • le modèle économique
  • le plan d’action
  • les prévisions financières
  • les opportunités d’investissement.

L’Executive Summary

Document synthétique n’excédant pas deux pages, l’Executive Summary est la première partie de votre Business Plan, mais aussi la plus importante, car c’est là-dessus que votre interlocuteur décidera ou non de poursuivre la lecture de votre dossier. Il s’agit du résumé de votre projet : il reprend les différents points de votre Business Plan et retrace les grandes lignes de votre projet (l’histoire de votre entreprise, la nature de votre activité, la présentation du produit ou du service, l’attrait du marché, les projections financières et les capitaux nécessaires pour mener à bien votre projet).

Important :

  • il faut savoir que les banquiers et les investisseurs reçoivent plusieurs Business Plans par jour et qu’ils accordent en moyenne 2 à 3 minutes par dossier. Par conséquent, le moyen le plus sûr de vous démarquer et d’obtenir un rendez-vous est de bien soigner votre Executive Summary.
  • Il est fortement recommandé d’utiliser des tableaux, des schémas et des visuels pour faciliter la lecture.
  • Bien qu’il s’agisse de la première partie de votre Business Plan, le mieux est de le rédiger à la fin pour vous assurer que vous n’avez omis aucune information pertinente.

La présentation de votre entreprise

Dans un premier temps, vous donnerez des informations sur la forme juridique de votre entreprise, sur le capital (nature des apports) et sur les actionnaires. Il faudra également présenter chaque membre de votre équipe, avec leurs points forts respectifs. En effeet, les investisseurs prêtent beaucoup d’attention à la complémentarité des talents. En effet, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées pour réussir un projet. Encore faut-il être capable de bien gérer l’entreprise. Déplus, l’idéal est de pouvoir réunir les compétences techniques, commerciales et managériales. Et bien entendu, vous n’oublierez pas de faire ressortir votre expérience et vos contacts sur le marché.

La présentation de votre produit ou service

Les investisseurs veulent savoir ce que vous avez l’intention de vendre. Quels produit ou service proposez-vous ? Répond-il à un besoin réel ? Quels sont ses caractéristiques et ses avantages concurrentiels ? Par ailleurs, existe-t-il des points faibles ou des inconvénients ? Si oui, vous devez être franc et les mentionner dans cette partie du Business Plan.

Autre point : si votre produit fait l’objet d’une propriété intellectuelle (brevet, licence, etc.), n’oubliez pas de le préciser. Ce détail qui vous met dans une position favorable sur le marché fera très certainement pencher la balance en votre faveur. Et si vous envisagez d’étendre votre offre ou de développer votre produit ultérieurement, faites-le également savoir. Les investisseurs voient d’un bon œil les entrepreneurs qui ont des plans pour l’avenir.

L’étude de marché

Vient ensuite le moment de présenter une étude de marché répartie en cinq grands thèmes, à savoir :

  • La définition de votre marché : s’agit-il d’un marché en croissance ? Quelle est sa taille ? Est-il local, national ou international ? Combien d’entreprises se le partagent et quel est leur chiffre d’affaires moyen ?
  • La clientèle que vous ciblez : exercez-vous une activité de B2B ou de B2C ? Combien de clients sont susceptibles d’acheter votre produit ? Si oui, à quel prix ? Quel est leur comportement d’achat ?
  • L’étude des fournisseurs potentiels : quel fournisseur propose les meilleurs prix, les meilleurs délais de livraison et les meilleurs services (formation, garantie ou après-vente…). Quelles sont les conditions d’achat et de règlement ? Ces informations sont très importantes, car elles auront un impact sur les prévisions financières.
  • L’analyse de la concurrence : vous avez beau innover dans votre domaine, il existe forcément des produits qui répondent aux mêmes besoins que le vôtre (des produits similaires ou des produits de substitution). Vous devez donc identifier vos concurrents directs et indirects, étudier leur prix, leur mode de distribution et leur implantation géographique. Par ailleurs, vous devez montrer à votre interlocuteur que vous savez pour quelles raisons les clients se fournissent chez les principaux concurrents et comment vous comptez vous y prendre pour acquérir des parts de marché.
  • L’environnement de votre marché : il est important de noter les facteurs qui peuvent affecter votre activité de manière positive ou négative sans pour autant entrer dans les détails (2 ou 3 phrases pour chaque point sont largement suffisantes), par exemple l’évolution du cadre réglementaire ou législatif, le développement de nouvelles technologies ou l’avènement d’un événement politique, économique ou social. Pour conclure, il est utile de mentionner les aides spécifiques dont vous pouvez bénéficier. En un mot, il s’agit d’identifier les opportunités qui s’offrent à vous, ainsi que les menaces.

Cette partie économique, alimentée par des études et des chiffres récents provenant de sources fiables (références et dates de publication précisées), doit répondre à toutes ces questions et démontrer qu’il existe une véritable opportunité à saisir.

Bon à savoir

Vous ne savez pas où dénicher des informations sur le marché ? En plus des chiffres clés que l’on trouve gratuitement sur Internet et dans les médias, vous pouvez vous renseigner auprès de divers organismes tels que les services de documentation des chambres de commerce et d’industrie, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) ou encore l’Agence France Entrepreneur (AFE). Vous trouverez également des études payantes concernant le marché français et le marché européen sur des sites spécialisés tels que xerfi.com ou www.reportlinker.com.

le Business plan

Le modèle économique

La réussite de votre projet dépendra du choix du modèle économique (ou Business model) que vous ferez. C’est pourquoi il est important d’en parler dans le Business Plan. Il s’agit de décrire les moyens que vous allez mettre en œuvre pour :

  • Répondre à la demande des clients ;
  • Générer un chiffre d’affaires rentable tout en tenant compte des différentes contraintes et des opportunités.

Vous pouvez développer plusieurs points dans cette partie du Business Plan, par exemple les sources de revenus de l’entreprise, les canaux de distribution (quels réseaux comptez-vous utiliser pour distribuer votre produit ?), la politique de prix (quel sera le prix de vente de votre produit ? comment l’avez-vous déterminé ? comment se positionne-t-il par rapport aux prix des produits concurrents ?) et la question de la rentabilité financière (coût de revient, coûts de distribution, délais de paiement, etc.).

Le plan d’action

Généralement présenté sous la forme d’un tableau, le plan d’action donne des informations concrètes sur les actions que vous comptez mettre en œuvre (stratégie marketing, plan de recherche et développement ou R&D, marketing et communication, gestion des ressources humaines, etc.), les ressources mobilisées pour chaque action et les objectifs quantitatifs et qualitatifs que vous vous fixez à court terme (3 mois), moyen terme (1 an) et long terme (3 ans).

Les prévisions financières

Qui dit prévisions financières dit plan de trésorerie, compte de résultat prévisionnel, plan de financement, besoin en fonds de roulement (BFR) et seuil de rentabilité (ou point mort). Tous ces éléments financiers démontrent la rentabilité financière de votre entreprise en faisant ressortir des prévisions trimestrielles qui s’étalent habituellement sur une période de trois à cinq ans. À moins d’être particulièrement doué avec les chiffres, il est recommandé de se faire accompagner par un expert-comptable.

Les opportunités d’investissement

Dans cette dernière partie du Business Plan, vous faites ressortir le potentiel du projet. Ensuite, vous devez exprimer les besoins en financement de l’entreprise. Il convient d’expliquer comment vous comptez utiliser les fonds obtenus dans les moindres détails et au bout de combien de temps vous espérez obtenir un retour sur investissement. Par ailleurs, vous devez montrer que vous avez d’ores et déjà identifié les risques inhérents. Vous montrez également que vous les surveillez en permanence et que vous avez même envisagé des scénarios de sortie.

Derniers conseils sur le Business plan

Pour certains, la rédaction du Business Plan peut apparaître comme un véritable parcours du combattant. En effet, si c’est votre cas, voici quelques points à ne jamais perdre de vue :

  • Lorsque vous rédigez votre Business plan, vous devez mettre l’accent sur les données chiffrées et autant que possible, les commenter ;
  • Exploitez les différentes informations qui sont à votre disposition (marché-test réel ou simulé, analyse de la concurrence, sondages, rencontres avec des professionnels du secteur) et faites des recoupements ;
  • Ne sous-estimez pas le temps de pénétration du marché ;
  • N’exagérez pas votre chiffre d’affaires prévisionnel ;
  • Prévoyez une progression réaliste de votre activité.

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